Un pôle d’innovation dédié à l’alimentation du futur voit le jour
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La viande cultivée continue de progresser, et une initiative récente aux États-Unis illustre comment la recherche scientifique peut être mise au service de l’intérêt général.
En 2026, l’Université Tufts ouvrira un nouveau pôle d’innovation dédié à l’alimentation du futur, baptisé FEAST (Foodtech Engineering for Alternative Sustainable Technologies).
Soutenu par un financement public de 2,1 millions de dollars, ce centre poursuit un objectif clair : accélérer le développement de la viande cultivée tout en favorisant le partage des connaissances et la collaboration entre scientifiques.
Un lieu où se rencontrent science, innovation et politiques publiques
Le pôle FEAST sera installé sur le campus de Medford de l’Université Tufts. Il réunira, au sein d’un même lieu :
- des chercheur·euses universitaires, spécialisés en agriculture cellulaire et en biotechnologies ;
- des start-ups et entreprises innovantes travaillant sur les protéines alternatives ;
- des laboratoires de recherche appliquée ;
- ainsi que des acteurs publics et institutionnels, impliqués dans les politiques alimentaires et climatiques.
L’idée est simple : travailler ensemble plutôt que chacun de son côté, afin de faire avancer plus rapidement des solutions alimentaires durables.
Une « bibliothèque de cellules » au cœur du projet
L’élément central de FEAST est la création d’une banque de cellules en accès libre. Concrètement, il s’agit d’une sorte de bibliothèque scientifique, dans laquelle des cellules animales utilisées pour produire de la viande cultivée seront mises à disposition des chercheurs.
Ces lignées cellulaires concernent plusieurs espèces animales, notamment des bovins, mais aussi des ovins et des caprins. Cette diversité est essentielle pour permettre à la recherche de progresser sur différents types de produits et d’usages alimentaires.
Jusqu’à présent, chaque entreprise devait développer ses propres lignées cellulaires pour chaque espèce, un processus long, coûteux et souvent redondant.
Grâce à cette banque, les scientifiques pourront s’appuyer sur des cellules déjà testées et performantes, ce qui permet de gagner du temps, de réduire les coûts et d’éviter la duplication des efforts.
Pour Elliot Swartz, scientifique principal au Good Food Institute (GFI), partenaire du projet, cette initiative est déterminante :
« La banque de cellules ouverte présente un potentiel véritablement transformateur pour la viande cultivée. En regroupant des lignées cellulaires académiques et industrielles dans un dépôt accessible, les chercheurs peuvent économiser des millions de dollars et réduire de plusieurs années les délais habituels de recherche et développement. »
Valoriser les travaux pionniers
Une autre dimension importante du projet FEAST est la mise en commun de travaux scientifiques issus d’initiatives pionnières dans le domaine de la viande cultivée. Ces recherches ont permis de développer des procédés innovants, représentant une base précieuse pour l’ensemble du secteur.
Grâce à un partenariat avec le Good Food Institute, ces ressources scientifiques sont aujourd’hui préservées, valorisées et rendues accessibles à la recherche publique, afin de favoriser la continuité des avancées scientifiques et d’accélérer l’innovation collective.
Comme l’explique Meera Zassenhaus, du Tufts University Center for Cellular Agriculture : « Nous transformons des travaux de recherche issus d’initiatives pionnières en un bien commun, au bénéfice de l’ensemble du secteur. »
Des avancées concrètes vers une production plus efficace
Les cellules mises à disposition dans la banque FEAST présentent une caractéristique importante : elles peuvent se développer en suspension, c’est-à-dire sans support solide. Cette propriété les rend particulièrement adaptées à une production à plus grande échelle
Andrew Stout, professeur à l’Université Tufts et responsable scientifique du projet, souligne l’intérêt de cette avancée :
« Cela permet une production plus simple et plus efficace, et rend ces cellules accessibles à toute la communauté scientifique. »
Des infrastructures partagées pour aller plus vite
FEAST ne se limite pas à une banque de cellules. Le centre comprendra également :
- des zones de recherche partagées,
- des installations pilotes,
- des espaces de test et de prototypage,
- ainsi qu’une cuisine test pour évaluer les produits.
Cette mutualisation des infrastructures permet aux chercheurs et aux jeunes entreprises de tester leurs idées sans devoir investir dans des équipements coûteux, un frein majeur dans un secteur encore émergent.
Un signal positif pour la transition alimentaire
L’ouverture du pôle FEAST montre qu’il est possible de soutenir l’innovation alimentaire autrement : grâce à la recherche ouverte, au partage des ressources et à des investissements publics ciblés. Elle constitue un signal positif pour le développement de la viande cultivée, en faveur de systèmes alimentaires respectueux des animaux, plus durables, plus efficaces et fondés sur la coopération scientifique.
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Source :
Mridul, A. (2026, January 19). Tufts University banks on open-access model to ‘transform’ cultivated meat industry. Green Queen.