Après la viande cultivée, place au poisson !

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Une nouvelle innovation alimentaire fait parler d’elle : le poisson issu de cultures cellulaires. Longtemps perçue comme futuriste, cette technologie progresse rapidement et pourrait offrir, d’ici 2030, des solutions concrètes aux enjeux de bien-être animal et aux défis environnementaux, alimentaires et sanitaires auxquels nous faisons face.

 

Du poisson éthique et...

Le principe du poisson cultivé est simple à comprendre. Au lieu de pêcher des poissons en mer, dans leur milieu naturel, ou de les élever massivement en pisciculture, quelques cellules sont prélevées sur un poisson vivant. Ces cellules sont ensuite cultivées dans un environnement contrôlé, où elles se multiplient naturellement. On obtient ainsi du poisson… sans pêche intensive, sans élevage massif et sans abattage.

Contrairement à certaines idées reçues, il ne s’agit pas de faire pousser un poisson dans une éprouvette. Les cellules produites permettent de recréer des aliments familiers, comme du poisson haché ou du caviar, parfois en combinaison avec des ingrédients végétaux. 

 

Une innovation prometteuse pour la planète

Le poisson cultivé suscite beaucoup d’intérêt, notamment pour son potentiel environnemental. Les océans sont sous pression : surpêche, pollution, perte de biodiversité… Dans ce contexte, produire du poisson sans épuiser les écosystèmes marins apparaît comme une solution très prometteuse.

Autre avantage : les cellules de poisson peuvent se développer à température ambiante, ce qui demande nettement moins d’énergie à la production. Certaines entreprises choisissent même des espèces particulièrement sobres en énergie, comme la dorade ou le bar, comme l’explique Annelies Bogaerts, PDG de la société belge Fishway.

À terme, cela pourrait donc se traduire par une empreinte carbone considérablement réduite 

Dans les années à venir, ce poisson pourrait être utilisé de différentes façons : comme ingrédients dans des produits hybrides, pour enrichir des alternatives végétales, ou encore pour proposer des aliments de la mer là où l’accès au poisson frais est limité et enfin, proposer une alternative respectueuse du BEA.... Cette diversité d’usages ouvre la porte à une alimentation plus éthique, plus flexible et plus résiliente.

 

Une innovation déjà en marche

Plusieurs régions du monde montrent la voie et ont déjà pris de l’avance. Des pays comme les États-Unis et Singapour ont autorisé la mise sur le marché de produits issus de cultures cellulaires. À l’été 2025, les États-Unis ont ainsi validé la vente de saumon cultivé. De son côté, Singapour, devenu un véritable terrain d’expérimentation pour l’innovation alimentaire, se prépare à importer du caviar cultivé développé à Hambourg par la start-up allemande Bluu, fondée en 2020.

Selon plusieurs estimations, le groupe de réflexion Good Food Institute Europe estime que ce marché mondial pourrait atteindre 510 milliards d’euros d’ici 2050. Cela montre à quel point cette alimentation et ces modes de production sont prises au sérieux par les scientifiques, les investisseurs et les décideurs publics.

 

 

Article inspiré de :
Maria Simon Arboleas (14 octobre 2025), “Après la viande de laboratoire, place au poisson de synthèse”Euractiv