Le Royaume-Uni avance vers une alimentation sans abattage, l’Europe doit accélérer

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Le Royaume-Uni vient de franchir une nouvelle étape dans le développement de la viande cultivée. La Food Standards Agency et Food Standards Scotland ont publié quatre nouveaux guides destinés à mieux accompagner les entreprises dans leurs demandes d’autorisation et dans l’organisation d’essais de dégustation sécurisés.

Les nouvelles orientations britanniques doivent aider les producteurs à mieux comprendre les règles relatives à l’hygiène, aux lignées cellulaires, aux procédés de fabrication, aux risques microbiologiques et à la constitution des dossiers scientifiques.

Elles ont été élaborées dans le cadre d’un programme de collaboration entre les autorités, les scientifiques et les entreprises du secteur. L’objectif est de rendre le processus d’autorisation plus clair et plus prévisible, sans diminuer les exigences en matière de sécurité alimentaire.

Cette approche est importante pour les animaux. Chaque obstacle administratif inutile, chaque retard évitable et chaque manque de clarté réglementaire reporte le moment où des produits carnés sans abattage pourront être proposés aux consommateurs.

Faciliter l’innovation ne signifie évidemment pas renoncer aux contrôles. Les aliments doivent être évalués scientifiquement et leur sécurité doit être garantie. Mais une réglementation exigeante peut aussi être lisible, efficace et adaptée aux nouvelles technologies.

C’est précisément ce que le Royaume-Uni cherche à mettre en place.

L’Europe possède un cadre solide, mais doit éviter de prendre du retard

Dans l’Union européenne, la viande cultivée relève de la réglementation sur les nouveaux aliments. Avant d’être commercialisé, chaque produit doit recevoir une autorisation fondée sur une évaluation scientifique de sa sécurité.

Ce cadre harmonisé constitue un atout. Une fois autorisé, un nouvel aliment peut accéder au marché européen selon les conditions fixées au niveau de l’Union.

L’Europe dispose également d’une expertise scientifique reconnue, d’universités performantes et d’entreprises actives dans le domaine des protéines alternatives. La société française Gourmey a notamment déposé une demande européenne concernant des cellules de canard cultivées destinées à la production d’aliments. Cette demande montre que la procédure européenne commence à être utilisée concrètement par le secteur.

Toutefois, l’existence d’un bon cadre juridique ne suffit pas. Les entreprises doivent également pouvoir comprendre précisément les données attendues, dialoguer suffisamment tôt avec les autorités et éviter que les procédures ne deviennent inutilement longues ou imprévisibles.

Sur ce point, l’initiative britannique peut servir d’exemple à l’Union européenne.

Une occasion pour l’Europe de faire preuve de leadership éthique

Le Royaume-Uni cherche aujourd’hui à créer un parcours plus fluide pour les produits issus de cultures cellulaires. L’Union européenne possède, quant à elle, les capacités scientifiques, économiques et réglementaires nécessaires pour devenir un leader mondial du secteur. Elle possède également une raison éthique d’agir.

Favoriser le développement de la viande cultivée ne revient pas à imposer un nouvel aliment. Il s’agit de permettre aux consommateurs de choisir, demain, une viande produite sans les souffrances et la mise à mort actuellement indissociables de sa production.

Lorsqu’une méthode offre la perspective de remplacer l’abattage plutôt que de simplement chercher à le rendre moins cruel, l’Europe doit lui donner une véritable chance.

Le Royaume-Uni a décidé d’avancer. À l’Union européenne de faire en sorte que les animaux bénéficient eux aussi des progrès de l’innovation alimentaire.