Viande cultivée : Mosa Meat reçoit 875 000 euros pour préparer sa commercialisation internationale

Date publiée

Koeien

L’entreprise néerlandaise Mosa Meat vient de recevoir un financement de 875 000 euros pour accélérer l’arrivée de ses produits sur plusieurs marchés situés en dehors de l’Union européenne. Une nouvelle étape pour la viande cultivée, une méthode qui pourrait un jour contribuer à produire de la viande en élevant et en abattant beaucoup moins d’animaux.

Le financement, accordé par l’organisme public néerlandais Invest International, prend la forme d’une contribution remboursable. Il permettra à Mosa Meat d’étudier les débouchés commerciaux, de rechercher des partenaires de production et d’approvisionnement et de préparer les procédures d’autorisation au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada, à Singapour, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

De la graisse bovine produite à partir de cellules

Contrairement à ce que l’expression « viande cultivée » pourrait laisser penser, Mosa Meat ne prévoit pas nécessairement de commencer par commercialiser un steak entièrement produit en laboratoire.

Le projet financé vise en premier lieu la mise sur le marché de graisse bovine cultivée, obtenue en multipliant des cellules animales dans un environnement contrôlé. Cette graisse pourrait être combinée à des ingrédients végétaux pour fabriquer des produits hybrides, comme des hamburgers, des boulettes ou des préparations de type bolognaise.

La graisse joue un rôle important dans le goût, l’odeur, la texture et la sensation en bouche de la viande. Son utilisation dans un produit majoritairement végétal pourrait donc permettre de proposer une expérience gustative proche de celle de la viande conventionnelle, tout en réduisant fortement la quantité de matière animale nécessaire.

Une commercialisation plus rapide en dehors de l’Union européenne ?

Mosa Meat souhaite préparer son arrivée dans des pays où les procédures réglementaires sont plus avancées ou considérées comme plus favorables à la commercialisation de produits cultivés.

Singapour a notamment été le premier pays à autoriser la vente d’un produit de viande cultivée. Le Royaume-Uni et les États-Unis développent également des cadres destinés à l’évaluation de ces nouvelles technologies alimentaires. Mosa Meat estime que ces marchés pourraient lui permettre d’atteindre les consommateurs plus rapidement.

Dans l’Union européenne, les ingrédients issus de cellules cultivées doivent être examinés dans le cadre de la réglementation sur les nouveaux aliments avant de pouvoir être commercialisés.

Mosa Meat a déjà déposé, en janvier 2025, une demande européenne d’autorisation portant sur sa graisse bovine cultivée. Celle-ci doit notamment être évaluée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments afin de vérifier qu’elle ne présente pas de risques pour les consommateurs.

l’Union européenne doit veiller à ce que les procédures soient suffisamment claires, efficaces et fondées sur les connaissances scientifiques disponibles. Une réglementation trop lente ou politiquement instrumentalisée risquerait de repousser vers d’autres continents des innovations susceptibles de réduire la dépendance à l’élevage.

Des progrès scientifiques à la réalité commerciale

Mosa Meat est l’une des entreprises pionnières du secteur. En 2013, elle avait présenté le premier hamburger de bœuf cultivé, dont le développement avait coûté environ 250 000 euros.

Depuis, l’entreprise a considérablement réduit ses coûts de production. Elle a également levé 15 millions d’euros supplémentaires à la fin de l’année 2025, portant à 58 millions d’euros le montant réuni au cours des deux années précédentes.

Mosa Meat a désormais l’occasion de démontrer qu’elle peut produire en quantité suffisante tout en respecter les exigences sanitaires, proposer des prix acceptables et convaincre les consommateurs.

Le soutien accordé à Mosa Meat montre que la viande cultivée s’approche progressivement de la commercialisation. Il appartient désormais aux entreprises, aux autorités et aux responsables politiques de faire en sorte que cette innovation serve réellement la transition vers un système alimentaire plus respectueux des animaux.

 

Source

Vegconomist. (2026, 9 juillet). Mosa Meat secures €875,000 from Dutch state fund to push into markets outside the EU